Les jeunes et l’entreprise : un divorce qui doit être évité


Olivier Pastré

Professeur à l’Université

de Paris VIII






Alors que le CPE embrase la France, il faut s’interroger sur les causes du malaise de la jeunesse.

Parmi les principales causes de ce malaise, figure l’écart qui se creuse entre les jeunes et l’entreprise. Il se creuse à cause du chômage bien sûr. Mais il se creuse aussi du fait de l’incompréhension croissante qu’ont les jeunes de la réalité de l’entreprise. Et, dans ce domaine, le système éducatif a une très lourde responsabilité.

Le monde du travail est de plus en plus concurrentiel, c'est-à-dire de plus en plus difficile. Mais il est aussi de plus en plus ouvert, recélant de plus en plus d’opportunités. Il est de plus en plus technologique, univers dans lequel les jeunes ont un avantage culturel évident. Il est de plus en plus international et mixte.

Face à ces évolutions, l’Ecole, et plus encore l’Université, sont restées figées. Non pas que certains enseignants n’aient pas fait ce qu’il fallait pour adapter leurs cours à la réalité nouvelle. Mais les cursus ont peu changé, et les institutions ont, bien souvent, refusé d’évoluer.

Les jeunes doivent accepter le combat pour l’emploi. Mais il faut que ce soit pour un emploi digne. Et pour cela il faut réduire la « fracture éducative ». Il faut adapter le contenu  des enseignements : pour comprendre l’entreprise, il faut commencer par la connaître. Et il faut aussi adapter les formes d’enseignement. Pour ne prendre que deux exemples parmi tant d’autres, l’enseignement à distance et l’enseignement en alternance sont des formes de pédagogie qu’il faut impérativement encourager.

La désespérance de la jeunesse n’est pas une fatalité. On leur lègue le financement de nos retraites et l’endettement de la France. Donnons-leur au moins une chance de se former et d’aimer le travail. C’est notre intérêt, nous les « vieux », qui avons aujourd’hui le pouvoir de mener à bien des réformes…



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